Presse


2 février 2016- Publik’art

30 mai 2006 – La Libre Belgique

Le violon d’Annabelle Berthomé-Reynolds et le piano d’Eve Beroux ravirent l’audience avec la Sonate de la pluie de Brahms et la sonate Le Printemps deBeethoven. Intensité et sensibilité agrémentèrent ce grand moment de musique.

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UN TRÉSOR INATTENDU DE L’ANNÉE MOZART

Depuis le triomphe, au Théâtre-Poème, des «Contes à rebours» dans lesquels Laurence Vielle et Hamida Tachfine avaient emmené un public fasciné, des murmures circulaient sous le manteau. Hamida comédienne (élève de Pierre Laroche au conservatoire de Bruxelles) mais aussi chanteuse, cantatrice, avait l’intention d’offrir à son public, ici même, un Mozart insolite. C’est fait! Voici «Amadeo».

Tout commence au rez-de-chaussée du T-P, où le public attend. Le couvercle d’un piano droit se soulève et de longs doigts minces entament le galop d’«alla turca». La pianiste avignonnaise-bruxelloise Eve Béroux n’a pas encore enlevé sa veste. Elle veut tout juste dire que le spectacle va commencer. Mozart attend là-haut, sur le plateau, avec son amante belgo-marocaine Hamida Tachfine. C’est à 19 ans qu’elle l’avait rencontré, au pied du mont Blanc, en écoutant son «Requiem». Elle ne l’avait plus quitté. Maintenant, à 35 ans, l’âge qu’il avait quand il est mort, c’est Hamida qui lui redonne chaleur.

Sur la scène, cette fois au piano à queue, la lumière de Mozart crépite sous les doigts d’Eve Béroux, et accompagnera, ou prolongera, tous les visages de l’amour, de la découverte à la désillusion, de la passion à la séparation, du désespoir à l’éblouissement: seul mot qui convienne en écoutant la voix de soprano dramatique avec laquelle Hamida ouvre toutes les portes à «son» Mozart. Avec vues sur des extraits d’opéra, des lieder, un passage de messe: l’intérieure transhumance d’une vie qui traverse des pays de chair et d’âme. Hamida parle aussi, raconte, lit une lettre, y met le feu, s’interroge. Comme une confidence continue entre elle et vous. Avec un humour et un génie qui lui font paraphraser une leçon de chant, ou s’emparer de la cithare et s’engager soudain dans les sortilèges de la langue arabe, ou aborder un lied de Clara Schumann sans que soit jamais rompue l’unité du parcours. Même quand un bout du «Vertigo» de Hitchcock apparaît sur écran. Laurence Vielle a tout compris, écrit ce qui relie et mis en espace. Avec un éclairage du sens par la germaniste Christiane Gleis.

Bruxelles, Théâtre-Poème, jusqu’au 3 juin. Tél.: 02.538.63.58

© La Libre Belgique 2006

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